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Au Jardin de verre, Coline Barraud et Lucile Bouju avancent en terrain connu


Le Courrier de l'Ouest-Yves BOITEAU


Un an après, les deux artistes sont de retour au Jardin de verre pour peaufiner la création de « Ce qui m’excite, c’est la beauté extrême », spectacle inspiré de l’univers dramaturgique d’Angelica Liddell.

Je me déplace sur une ligne ténue entre la construction et les sentiments réels. J’ai le choix : prendre de la distance avec mes propres mots déjà construits, ou m’impliquer sur le plan émotionnel. J’ai choisi cette deuxième option. ​Ainsi l’auteure, metteure en scène et interprète Angélica Liddell parle-t-elle de son propre travail artistique. Puisant autant dans la noirceur du monde et des hommes que dans sa propre intimité, son approche viscérale du théâtre a déjà secoué à plusieurs reprises le festival d’Avignon.

Libre et amorale

Née en 1966 à Figueras, au pays de Dali, Angélica Liddel est à l’origine du spectacle dont Coline Barraud et Lucile Bouju poursuivent la création cette semaine au Jardin de verre, un an après une première résidence de travail. Son titre – « Ce qui m’excite, c’est la beauté extrême »- est à l’aune de l’univers de l’auteure catalane. Ce que j’aime profondément chez elle, c’est ce caractère non bien pensant qui, en partant de petites choses, réussi à exhumer des névroses souvent trop grandes. Comme si on était toujours dépassé par nos propres émotions​, essaye d’éclairer Coline Barraud.

Juillet 2019, la genèse

D’origine maulévraise, la comédienne a eu l’idée du spectacle après une performance livrée en juillet 2019 lors d’un festival à Valanjou, aux côtés de Lucile Bouju, une des chevilles ouvrières de l’association chemilloise Un Pas de Côté. Du « one shot » est née une rencontre. On s’est laissé happer par ses textes. Qui offrent beaucoup de liberté pour faire évoluer notre pensée face au monde​, glisse Lucile, artiste couteau suisse, multi-instrumentiste, dessinatrice, actrice​, comme la définie sa comparse de jeu.

Deux jeunes filles en scène

Sur scène ? Les artistes incarnent deux petites filles, enfants terribles ​évoluant dans une chambre aux allures chaotiques, où elles singent les adultes et portent un regard sans filtre sur nos comportements humains, notre capacité à s’aimer, à se détester, à se mentir​. Sans concession, on vous dit ! Boulevard Gustave-Richard cette semaine, le travail en résidence se porte en particulier sur les lumières du spectacle avec le régisseur, Erwan Sautereau. On est très bien accueilli et c’est un plaisir de pouvoir compter aussi sur la disponibilité des techniciens du Jardin de verre. Ils veillent sur nous, on n’a pas ça tout le temps​souligne Coline Barraud.

Diffusion espérée début 2022

À l’arrêt pendant plusieurs du mois du fait du Covid, la création de « Ce qui m’excite, c’est la beauté extrême » a repris la semaine passée au Théâtre-Foirail à Chemillé. Sa diffusion reste évidemment suspendue à la situation épidémique. Et à l’embouteillage de spectacles que celle-ci pourrait bien générer à la réouverture des lieux culturels. Dans notre idéal, on aimerait bien pouvoir le sortir en janvier ou février 2022​, glissent ses créatrices, qui rêvent aussi de déclinaisons de leur création sous forme de livre ou de concert.