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07/10/2020

Accroche-toi si tu peux

Image San Salvador

San Salvador


[Ouverture de Saison]

Issus du village de Saint-Salvadour en Corrèze, ses six fondateurs, trois filles et trois garçons, âgés de 25 à 30 ans, amis depuis l’enfance, transfigurent les chants et les rythmes traditionnels du Massif central et les emmènent, vers des territoires aussi improbables que captivants.
S’appuyant essentiellement sur un travail de composition originale, San Salvador dépoussière les musiques traditionnelles en proposant une polyphonie vive et moderne.
Chantées principalement en occitan, les compositions allient les motifs tantôt rugueux, tantôt délicats de la langue, à un travail d’harmonie où couleurs, images et sonorités, proches ou lointaines, s’entremêlent.

Composition, arrangement, direction artistique : Gabriel Durif – Avec : Thibault Chaumeil : voix, tom bass – Laure Nonique Desvergnes : voix – Sylvestre Nonique Desvergnes : voix, grosse caisse – Marion Lherbeil : voix, tom bass – Eva Durif : voix – Sonorisation : Raphaël Durand


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« Notre héritage n‘est précédé d‘aucun testament ».

C’est sur ces quelques mots du poète René Char que s’est forgé, pour le collectif, le désir d’abolir les frontières entre traditions et créations. Nouveau projet de création de l’ensemble vocal San Salvador, La grande folie, ambitionne d’interroger de nouveaux horizons artistiques pour le projet musical mené depuis plusieurs années par le groupe.

Dans plusieurs allers et venues vers l’Europe Méditerranéenne (Italie, Grèce, Portugal, Espagne) j’ai été surpris de découvrir la proximité sensible entre ces cultures et mon propre univers musical. J’y ai vu confirmé un désir, jusque là tâtonnant, de porter une musique verticale. Le désir d’une polyphonie compacte tendue droit vers le ciel. Une musique qui n’assimile pas seulement une géographie mais parle d’humains dans un paysage. Venant des musiques montagneuses du Massif Central, je ne veux pas être dans la tentation d’exprimer un ailleurs, ni prétendre à un quelconque « dialogue des cultures », « invitations aux voyages » et autres quêtes exotiques qui ne correspondent pas à ma conception ni à mon attachement à ce qu’on appelle la diversité. J’ai comme boussole mes propres paysages intimes, une dramaturgie construite d’un quotidien et d’une existence éprouvée sur un silencieux —et pluvieux— territoire rural. La grande folie se présente donc plutôt comme un interstice schizophrène où jour et nuit —ombre et lumière— se confondent, où ironie, drame et joie portent ensemble la même narration du quotidien, première tentative de définition du mot «ritualité». J’ai en tête la mémoire de nos processions nocturnes où chaque année à Pâques nous déambulons, ensemble et de nuit, venant chanter aux fenêtres et aux étoiles la Passion de Jésus-Christ et la passion tout court…Où lueurs de lampadaires électriques et rumeurs de chiens koltésiens pourfendent la noirceur d’une nuit de début de printemps. Je me souviens de la camaraderie « bon enfant » qui relie depuis le départ nos aventures artistiques. La nécessité et le désir de prendre autant que d’inventer une parole à soi, logée dans le creux d’un intime collectif. Je souhaite que s’incarne sur scène la synthèse du positionnement artistique qui est le notre depuis plusieurs années. Synthèse d’une amitié et d’une ambition collective. Que s’éclaircissent notre façon de porter la musique traditionnelle et la musique tout court. Que s’entendent nos paysages, notre quotidien. Que se véhicule au plateau, l’unique identité dont nous sommes les détenteurs. Celle qui se construit malgré nous. Celle qui nous contamine autant que nous la contaminons. De lentes monodies à l’unisson pour explorer l’unité. Chuchotements, litanies, gorges déployées et murmures pour parler d’intimité . Gabriel Durif